9 décembre 2011

Selon Wikileaks, 124 sociétés surveilleraient les citoyens

Le site assure qu'il existerait une véritable industrie de l’espionnage civil, exercée par des entreprises privées.

Big Brother est de retour. On n’a pas sitôt découvert qu’un logiciel de surveillance résidait dans tous les smartphones , iPhone compris, que Wikileaks révèle l’existence de 124 entreprises dont l’activité est d’espionner les citoyens à leur insu. Et ce, pour le compte d’agences gouvernementales ou pour celui de grandes entreprises.
Parmi ces sociétés, huit exercent, ou ont exercé il y a peu, en France. Citons Vupen, qui propose à ses clients de ne pas révéler publiquement les failles qu’il découvre dans les systèmes informatiques afin de pouvoir les exploiter avec des virus développés sur mesure. Scan & Target scanne les SMS, les e-mails, les dialogues des messageries instantanées. Aqsacom et Amesys (filiale de Bull) ont des micros espions qui remontent tout ce qu’ils entendent via internet. L’Anglais Septier a des dispositifs chez les opérateurs pour savoir à tout moment où se trouve le téléphone de tel abonné. Qosmos a des mouchards qui notifient tout ce qui se passe sur le réseau informatique d’une entreprise. Alcatel-Lucent dispose d’un module universel qui ajoute la fonction d’écoute téléphonique à toutes ses bornes ou antennes de télécommunications. Enfin, Thales propose tout un attirail d’intelligence artificielle pour croiser les informations en temps réel issues de différentes écoutes.

Un marché de 5 milliards de dollars
Wikileaks dévoile sur son site 1 100 documents qui détaillent les produits de ces marchands d’armes de surveillance et publie en ligne une carte interactive des systèmes d’espionnage en vigueur dans le monde. On apprend ainsi que ces outils d’espionnage sont utilisés dans 26 pays, dont 12 de l’Union européenne. Parmi les activités de ces industriels de l’espionnage, 87 proposent de surveiller internet, 62 de surveiller les communications téléphoniques (dont 23 avec de la reconnaissance vocale), 20 relèvent les SMS, 14 font de la géolocalisation et ils sont 7 à écrire des virus.
A noter que Wikileaks a pu dévoiler cette affaire avec l’aide de tout un réseau d’enquêteurs dans le monde. Outre des journalistes du Washington Post et des intervenants de l’ONG britannique The Bureau of Investigate Journalism, on note le site français owni.fr. Ensemble, ils estiment ce marché de l’espionnage à 5 milliards de dollars par an.
http://pro.01net.com/editorial/547796/124-societes-surveillent-les-citoyens/

Sourcefire rentre sur le marché du firewall applicatif par l'IPS


Présent sur le marché de l'IPS, Sourcefire propose sa solution firewall pour le contrôle applicatif. Le spécialiste de la sécurité mise sur son expertise dans la connaissance réseau pour se différencier.

Sourcefire, connue pour ses systèmes de prévention contre les intrusions (IPS) reposant sur la technologie Open Source Snort a décidé de leur ajouter la fonctionnalité firewall applicatif. Pour Cyrille Badeau, directeur régional de la zone Europe du Sud de Sourcefire « notre solution de contrôle applicatif diffère de nos concurrents en ce que nous entrons sur le marché du firewall par l'IPS, via la plateforme Power ». Concrètement, cela signifie que l'éditeur contextualise le contrôle applicatif et ne le systèmatise pas. Ainsi, si une entreprise souhaite bloquer l'utilisation de Facebook pour certaines personnes, mais l'autoriser pour d'autres, la solution NexGen Firewall, qui utilise le système Firesight, va donner d'abord un état des lieux du réseau. « Avec cette connaissance, il est plus facile d'établir quels sont les divisions métiers, les postes et les OS qui vont avoir accès à ces applications. Ensuite, il s'agit d'appliquer des règles de sécurité sur cette cartographie. Nous avons privilégié une approche de gestion des risques plutôt qu'un filtrage d'URL (plutôt l'apanage des solution UTM) ».

Une intégration progressive

Palo Alto Networks et Checkpoint proposent des produits concurrents à Sourcefire. L'éditeur travaille depuis près d'un an sur cette orientation vers le firewall applicatif. Il s'agit d'une surcouche logicielle intégrée aux appliances de sécurité de la firme américaine. Selon Cyrille Beaudeau « cette fonction est disponible dès aujourd'hui sur les boitiers haut débits et sera disponible sur tous les boitiers dans les prochains trimestres ». Sur le plan tarifaire, le responsable reste laconique mais évoque un surcoût de 10% sur les solutions existantes.
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Cybersécurité : les entreprises craignent pour leur réputation

De plus en plus d'entreprises se disent victimes de cybercriminalité, mais continuent de préférer les moyens de prévention les moins efficaces. L'enquête annuelle de PwC sur la cybercriminalité tire la sonnette d'alarme.

L'explosion de la cybercriminalité
Près d'un répondant sur quatre admet avoir été victime d'un cybercrime lors des douze derniers mois. Il y a deux ans, seuls 1% des répondants avaient cité cette réponse parmi les possibilités proposées par le cabinet PwC. C'est aujourd'hui l'un des quatre "crimes économiques" les plus subis par les entreprises (voir ci-dessous), selon la définition du  cabinet d'étude. 

Pourquoi une telle progression ? PwC avance trois hypothèses. D'abord, la médiatisation des cybercrimes auraient aidé à rendre les entreprises plus conscientes du problème. Ensuite, la définition d'un cybercrime est suffisamment floue pour que certains répondants aient pu qualifier des crimes plus "ordinaires" de cybercrimes. Enfin, le cabinet d'étude pense également que les avancées en matière de technologie rendent les cybercrimes "plus faciles à commettre".
A noter également que près de la moitié des répondants ayant expérimenté un "crime ou un délit économique" ces derniers douze mois, estiment que le risque d'être victime d'un cybercrime augmente. Seuls 4%, des répondants pensent qu'il va baisser.

Le pirate est à l'intérieur et souvent au service IT
Certes, la cybercriminalité est d'ordinaire associée à des causes extérieures à l'entreprise. Près de la moitié des répondants à l'enquête PwC ont d'ailleurs cette perception du risque.
Cependant "la perception du cybercrime change, et les entreprises reconnaissent désormais davantage que le plus grand risque vient aussi de l'intérieur", remarque le cabinet PwC (voir graphique ci-dessous).
En outre, près de la moitié des répondants pensant que la menace est aussi à l'intérieur de l'entreprise estime que le risque vient précisément du département IT. "Ce n'est pas une surprise", explique l'étude PwC : "car les répondants estiment que les employés de ce département ont les opportunités et les compétences nécessaires pour commettre les cybercrimes. Ils bénéficient en plus souvent des droits d'administrateurs pour accéder à de nombreux systèmes d'information internes et pour effacer leurs traces".
Derrière le département IT, le marketing (39%) et la finance (32%) sont les autres départements associés au plus grand risque interne en matière de cybercriminalité. En revanche, les départements RH (14%) ou juridique (8%) le sont nettement moins.
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Naissance d'une communauté Open Source contre la cybercriminalité

Une nouvelle structure accueille les experts des outils Open Source de l'investigation numérique.

Une communauté francophone réunie autour des outils Open Source pour l'investigation numérique est née. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du centre d'excellence français contre la cybercriminalité, le projet 2CENTRE (voir notre entretien).
"Les besoins en outils de l'investigation numérique recouvrent plusieurs domaines parmi lesquels on peut citer : l'analyse criminalistique des supports de preuve (disques durs, téléphones mobiles, etc.), les méthodes et les outils d'investigation sur les réseaux ou d'analyse de traces, et encore, si on rentre dans les détails, l'analyse des virus informatiques " explique sur son blog l'officier de gendarmerie Eric Freyssinet, chef de la division de lutte contre la cybercriminalité, impliqué dans ce projet.

La communauté est ouverte et compte déjà enquêteurs, spécialistes en sécurité, étudiants, chercheurs et industriels. Le lancement des outils (site web, forum, irc...) est prévu pour février.

Insolite : transformez un vieux moniteur LCD en chantre de la vie privée


Empêcher son entourage de voir ce qu'affiche son écran d'ordinateur en partant des « lunettes magiques » : un concept étonnant réalisé par un bricoleur qui dévoile sa méthode sur Internet.

Un vieux moniteur LCD et une paire de lunettes 3D à usage unique distribuée au cinéma : voici les ingrédients utilisés pour obtenir cet écran protecteur de la vie privée de son utilisateur. De prime abord, ce dernier n'affiche rien d'autre qu'un écran blanc lumineux, laissant entendre un disfonctionnement. Et pour cause : le moniteur n'a plus de filtre polarisant.

Dimovi, le bricoleur à l'origine de la trouvaille explique qu'il a ouvert l'écran pour en prélever le filtre polarisant, et a utilisé ce dernier sur la monture de lunettes. Ainsi, il est impossible de percevoir ce que l'écran affiche, à moins de porter lesdites lunettes. Le résultat, présenté en vidéo, est absolument bluffant et met en effet toutes les activités de l'utilisateur à l'abri des regards indiscrets – mais limite cependant le partage d'informations, à moins de concevoir plusieurs paires de lunettes.

Le concepteur de cet écran très privé détaille toute la marche à suivre sur le site Instructables et explique que cette dernière est à la portée de tous, avec un peu de matériel et de doigté car il faut préserver au mieux le filtre polarisant. La manœuvre nécessite également le sacrifice d'un écran LCD qui n'affichera plus jamais votre travail - ou autre chose... - comme avant !

2 décembre 2011

Espionnage de données : méga-scandale en perspective

Un développeur de 25 ans spécialisé sur la plate-forme Android vient de démontrer qu’un logiciel espion installé à l’insu des utilisateurs traque les données de 140 millions d’utilisateurs de portables aux Etats-Unis. Si les faits sont avérés, ils sont gravissimes.

L’affaire Carrier IQ vient de démarrer et elle va certainement faire grand bruit. Trevor Eckhart, un développeur situé dans le Connecticut vient de publier des informations assorties de preuves en vidéo (disponible ci-dessous) qui montre que les opérateurs américains espionnent pratiquement tout ce que vous faites avec un téléphone Android, Blackberry ou Nokia.

Dans un premier temps, M. Eckhart a publié de premières informations et a baptisé « rootkit » le logiciel Carrier IQ. Ceci lui a valu les foudres de la société éponyme, conceptrice du logiciel, le menacant d’actions en justice et d’amendes record. L’Electronic Frontier Foundation est venue au secours du jeune empêcheur d’espionner tranquillement ce qui a conduit la société à faire machine arrière dans ses menaces, voire à se confondre en excuses.

Rien de méchant, assure-t-on

Toutefois, reconnaissant l’existence de ce logiciel, Carrier IQ tenait à préciser que cette application était destinée aux opérateurs afin que ces derniers puissent établir des statistiques d’utilisation mais que jamais – ô grand jamais – le logiciel n’enregistrait les touches qui étaient pressées, pas plus que le contenu des communications ou des messages électronique ou SMS. Bref, tout ceci n’était qu’une gentille petite application permettant aux opérateurs d’améliorer le service aux clients. Bé, tiens !

Le problème est que, poursuivant ses investigations (Trevor Eckhart est du genre têtu comme pas mal de ses collègues développeurs), notre homme a réalisé de nouvelles analyses qui montrent que le communiqué de Carrier IQ est un nouveau mensonge et que toutes ces informations sont bien enregistrées et envoyées aux serveurs de Carrier IQ, le tout secrètement. Plus encore, le logiciel continue à fonctionner même si vous remplacez le système d’exploitation de votre téléphone, si vous stoppez la connexion GSM et utilisez uniquement le mode Wi-Fi, voire le mode « avion » des appareils lequel permet théoriquement (très théoriquement) de le déconnecter des réseaux. Ajoutons que l’utilisation du protocole HTTPS sur Google qui permet (toujours théoriquement) d’avoir une connexion empêchant de connaître par exemple ce que l’on va chercher sur Google ne pose aucun problème à Carrier IQ qui récupère ces informations.

Pour le moment, il semble que les opérateurs européens n’utilisent pas cette application ou un logiciel similaire. Il semble également que les iPhone ne soient pas concernés.(Mise à jour de 18h20. Dans un article publié sur le MagIT et accessible à cette adresse, notre confrère Valery Marchive indique qu'"un contrat a été signé en 2009 entre Vodafone Portugal et Carrier IQ et que ce dernier dispose d'équipes en Europe, dont un président EMEA basé au Luxembourg". Il indique également que ce même opérateur était présent au dernier Mobile World Congress de Barcelone en février grand raout de la téléphonie mobile. Dans ces conditions, des contacts ont été pris et il convient maintenant de savoir si de telles applications sont opérationnelles en Europe. Notre confrère précise avoir interrogé les principaux opérateurs français et attend les réponses).

Du Watergate au Phonegate ?

En tout état de cause, cette nouvelle affaire d’espionnage nous semble gravissime car ce procédé viole toutes les lois américaines en matière de protection de la vie privée et aucun consommateur américain n’en a jamais été informé. Espérons qu’elle ne reste pas en l’état et que l’on découvre ce qui se cache derrière Carrier IQ. Espérons enfin que les développeurs européens fassent preuve d’autant de pugnacité que leur confrère yankee et explorent les entrailles de nos mobiles afin de s’assurer que nous ne subissons pas les mêmes avanies.

A la fin du célèbre film Les hommes du Président relatif au Watergate, le rédacteur en chef Ben Bradlee tance gentiment ses deux reporters (Robert Redford / Bob Woodward et Dustin Hoffman / Sam Berstein) en leur expliquant que tout cela n’est pas grave mais remet juste en cause la constitution américaine, les libertés individuelles et l’avenir de la démocratie. De notre point de vue, nous n’en sommes pas loin avec cet épisode, à la différence que celui qui sort l’affaire n’est pas un journaliste mais un informaticien. A nous désormais de prendre le relais et de faire notre boulot pour savoir ce qu’il y a derrière.

La vidéo ci-dessous est en anglais et dure 17 minutes. Le propos est relativement aride, en tout cas beaucoup moins rigolo qu’un bon film comique, mais beaucoup plus inquiétant.
Source

Forte augmentation des attaques via des failles sur Java, selon Microsoft

Dans un rapport, Microsoft constate une forte augmentation des attaques utilisant des failles dans Java d'Oracle. Elles représentent la moitié des attaques bloquées et interceptées sur un an.

Tim Rains, directeur de l'activité Microsoft Trustworthy Computing, a déclaré que la moitié de l'ensemble des attaques détectées et bloquées par les logiciels de sécurité Microsoft sur une période de 12 mois sont liées à Java. Au total, Microsoft a arrêté plus de 27 millions d'attaques utilisant Java de mi-2010 jusqu'à la mi-2011. La plupart d'entre elles utilisent des failles corrigées il y longtemps, précise Tim Rains. Ainsi 2,5 millions d'attaques ont été interceptées au 1er semestre 2011, elles utilisaient un bug publié en mars 2010 qu'Oracle avait corrigé le même mois. En deuxième position, on retrouve une vulnérabilité trouvée et patchée en décembre 2008. L'étude vient confirmer le phénomène de « vague sans précédent » d'attaques Java, souligné par la firme de Redmond en octobre 2010.

Les résultats de Microsoft n'ont pas été une surprise pour les chercheurs en sécurité. Pour Wolfgang Kandek, directeur technique de Qualys, « la plupart des machines sous Windows n'ont pas mis à jour le logiciel Java » et d'ajouter « il y a un retard sérieux. 84% des équipements n'ont pas installé la mise à jour de juin 2011, 81% celle du mois de février et 60% celle de mars 2010 ». Qualys ne dispose pas de visibilité sur le taux d'installation des correctifs d'octobre 2011, mais Wolfgang Kandek estime que ce ratio devrait atteindre 90% des PC. Le spécialiste de la sécurité pointe du doigt la problématique dans les entreprises de disposer d'anciennes versions Java pour faire tourner des applications internes. Qualys préconise alors d'utiliser Java en dehors du réseau.

Un tueur silencieux

Pour Andrew Storms, directeur des opérations de sécurité nCircle, « l'omniprésence de Java est une explication pour le volume élevé d'attaques exploitant ses bogues », mais il cite également l'invisibilité pour les utilisateurs du logiciel. « Java n'est pas quelque chose avec lequel les utilisateurs interagissent comme Flash ou Reader d'Adobe qui sont des éléments silencieux, mais sont devenus des cibles », note Andrew Storms et de conclure « ils sont devenus des tueurs silencieux ».

Enfin, un journaliste au Washington Post, Brian Krebs constate sur son blog que les cyber-criminels ont une longueur d'avance en proposant des kits d'attaques utilisant des failles récemment corrigées. Le journaliste prend une position assez radicale en déclarant ceux qui n'ont pas besoin de Java, supprimez le de votre poste. Microsoft de son côté se contente d'exhorter les utilisateurs de mettre à jour leur machine.