21 octobre 2011

La Ficome s’inquiète des intrusions dans les réseaux VoIP professionnels

Dans un communiqué, la Ficome (Fédération Interprofessionnelle de la Communication d’Entreprise) s’inquiète d’attaques récurrentes sur les réseaux de téléphonie de certains de ses membres. 
La Ficome, que l’on retrouve actuellement sur le salon IP Convergence, s’inquiète d’un phénomène pas vraiment surprenant : la montée et la multiplication des tentatives d’intrusions dans les réseaux téléphoniques des entreprises adhérentes. Effectivement, les infrastructures VoIP deviennent des cibles pour les attaquants, qui tentent de détourner le trafic téléphonique. 
« Depuis plusieurs mois, la FICOME enregistre auprès de son réseau d’adhérents, sociétés de services en Télécoms et Réseaux, une augmentation importante et alarmante des intrusions malveillantes dans les systèmes télécoms des entreprises », écrit la Ficome dans son communiqué. « Ces intrusions ont majoritairement pour objectif d’établir des communications à l’international aux frais de l’entreprise victime, à destination de pays d’Afrique, d’Asie  mais aussi des Balkans ». 
Elle rappelle également que ces attaques peuvent coûter cher à une entreprise, jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros, et cite un cas recensé à 600 000 euros ! En plus d’alerter ses adhérents sur ces risques, Silvano Trotta, président de la Ficome a été reçu à sa demande par la BEFTI de la Préfecture de Police (Brigade d’Enquête sur les Fraudes aux Technologies de l’Information), « pour évoquer un partenariat en échangeant sur cette situation préoccupante afin de résoudre cette problématique ».
Au-delà de cette démarche, la Fédération déplore également le manque de politique de sécurité dans les entreprises, leur réticence à renoncer à des fonctionnalités accessibles depuis l’extérieur, mais aussi l’absence de sensibilisation des utilisateurs et les défauts d’assurance pour couvrir les risques liés aux équipements télécoms. 

Navigateurs : IE9, premier sur la sécurité ?

Microsoft explique à qui veut bien l’entendre qu’IE9 est le navigateur le plus sécurisé, et de loin. Voyez plutôt…


Votre navigateur est-il bien sécurisé ? C’est un thème sur lequel Microsoft essaye de sensibiliser les utilisateurs, en pointant du doigt ses concurrents Chrome et Firefox. Car selon le site yourbrowsermatters.org, Internet Explorer 9 arrive en premier dans le classement des navigateurs les plus sécurisés.

Le site accorde une note sur 4, où IE9 obtient 4, contre 2,5 pour Chrome et 2 pour Firefox. Rappelons également que Microsoft a récemment envoyé une vague de correctifs pour combler des vulnérabilités critiques.

En regardant de plus près, on s’aperçoit tout de même de quelques incohérences. A la question « Est-ce que votre navigateur vous protège contre les sites qui ont la réputation de distribuer des malwares ? », seul IE9 obtient le score adéquat, ce qui parait étrange pour les utilisateurs de Chrome ou Firefox, qui sont eux aussi prévenus avant de visiter un site suspect…
Le site souligne toutefois la résistance de Chrome en cas d’attaques sur le navigateur, et salue la sandbox utilisée. Soulignons aussi que Firefox notamment intègre des options de sécurité comme Do Not Track, qui ne sont pas comptabilisées dans les résultats. Bref, ce site (signé Microsoft bien entendu) ne doit pas être considéré comme tout à fait impartial...

La surveillance de BitTorrent par les FAI français mesurée

L'initiative Measurement Lab vise à détecter la présence de filtres ou de techniques de bridages des connexions à Internet, en particulier les tentatives de surveillance et de filtrage du protocole BitTorrent par les FAI. Une première série de données est disponible, couvrant la période d'avril 2008 à mai 2010.

Depuis de nombreuses années, la technologie BitTorrent a été la bête noire des fournisseurs d'accès à Internet. Les opérateurs accusaient le réseau P2P de générer une trop grande consommation de bande passante à certaines heures et d'entraîner des situations de congestion du réseau pouvant affecter d'autres abonnés qui eux n'utilisaient aucun client BitTorrent pour échanger des fichiers.

Bridage de BitTorrent par les FAI

C'est pour cette raison que plusieurs fournisseurs d'accès à Internet ont à un moment ou à un autre mis en place des dispositifs destinés à brider le trafic généré par la technologie BitTorrent ou, plus radical, à bloquer complètement les échanges. Plusieurs exemples existent, à commencer par l'opérateur américain Comcast, le canadien Bell, le britannique Virgin Media ou encore le belge Telenet.

Sur ce sujet, les opérateurs se montrent toutefois assez discrets. Ce n'est en effet pas vraiment un argument commercial que de mettre en avant un bridage de BitTorrent, dans la mesure où il s'agit d'une technologie neutre. Elle peut en effet servir à échanger des contenus illicites, comme des oeuvres protégées par le droit d'auteur, ou fournir un moyen simple, efficace et économique de distribuer facilement des fichiers.

Sur ce sujet, Measurement Lab (MLab) a mis en ligne une série de données interactives couvrant deux ans d'activité de FAI, d'avril 2008 à mai 2010. Comme l'explique Torrentfreak, MLab s'est appuyé sur des outils pour détecter la présence de filtres ou de techniques de bridages des connexions à Internet, en particulier Glasnot qui permet de vérifier si les FAI brident l'utilisation du protocole BitTorrent.

Les données sont regroupées dans un tableau présentant en particulier le pourcentage de tests montrant des techniques d'inspection de paquets de données (DPI : Deep Packet Inspection). Les mesures sont effectuées par tranche de trois mois avec le pourcentage de tests valides. En ce qui concerne la France, cinq FAI ont été observés : Orange, Free, SFR, Bouygues Télécom et Numericable-Completel.

Le cas des FAI français

Que retenir de ces données ? Il y a eu deux grandes périodes sur la période couverte par MLab. Jusqu'au troisième trimestre 2009, les cinq opérateurs français ont, selon les mesures relevées, réalisé des techniques d'inspection de paquets de données. Les scores oscillent en effet entre 7 % et 15 % selon les opérateurs. On remarque toutefois deux pics au cours de cette période.

Le premier concerne Free (Iliad) au quatrième trimestre 2008. MLab a relevé que 30 % de ses tests, pratiquement un tiers des résultats, ont montré des techniques d'inspection. C'est un score assez important. L'autre score remarquable concerne Bouygues Télécom au premier trimestre 2009. La mesure atteint 29 %. En revanche, le même FAI atteint 0 % un an auparavant, au deuxième trimestre.

Après le troisième trimestre 2009, la tendance est à la baisse et l'intérêt des FAI à ce moment-là semble s'être calmé. Selon MLab, les tests montrant du DPI vont de 2 à 9 %. Seuls deux FAI ont eu une activité plus importante à ce niveau-là pendant une brève période. Il s'agit de France Télécom lors du troisième trimestre 2009 (13 %) et de Numericable-Completel le quatrième trimestre 2009 (16 %).

L'initiative de Measurement Lab est soutenue par Google et la New America Foundation. Comme nous l'expliquions il y a deux ans, le géant de Mountain View cherche à démontrer son attachement au principe selon lequel les opérateurs de télécoms ne doivent pas traiter différemment les données envoyées selon leur contenu, leur destination ou leur expéditeur, pas plus que selon l'outil utilisé (protocole BitTorrent).

Respecte mon net

Les travaux de MLab sont l'occasion de rappeler le projet initié par la Quadrature du net. Baptisé Respecte mon net, le site recense toutes les restrictions de l'accès à Internet que les internautes constatent. L'objectif de cette initiative est de disposer de cas concrets à présenter aux autorités européennes afin que ces dernières prennent la mesure de l'urgence de légiférer en faveur de la neutralité du net.

"Le législateur européen fait la sourde oreille sur ce problème depuis plus de deux ans. Le rapport de la commissaire européenne Neelie Kroes sur le sujet prétend qu'il n'y a pas de preuves quant à la nécessité de protéger dans la loi la neutralité du Net" s'était agacé Jérémie Zimmermann, porte-parole et cofondateur de la Quadrature du Net.

"Une telle approche attentiste est choquante quand on voit la réalité des pratiques de gestion du trafic des opérateurs, et leur impact sur la liberté de communication en ligne, la concurrence et l'ensemble de l'économie numérique" avait-il ajouté.

20 octobre 2011

Espionnage informatique en Libye : deux associations attaquent une filiale de Bull


La FIDH et la LDH, deux associations de défense des droits de l'Homme ont saisi la justice. Dans une plainte contre X, elles se constituent partie civile auprès du TGI de Paris et mettent en cause directement la société Amesys, filiale de Bull pour « complicité d'actes de torture en Libye ».

La Fédération Internationale des Droits de l'Homme et la Ligue des Droits de l'Homme indiquent avoir saisi le tribunal de grande instance de Paris. Elles accusent Amesys, une filiale du groupe Bull d'avoir fourni au régime de Mouammar Khadafi, « à partir de 2007, un système de surveillance des communications destiné à surveiller la population libyenne ».

Dans un communiqué publié sur le site de la FIDH, l'organisation précise que cette plainte, « vise une entreprise pour complicité de graves violations des droits de l'Homme sur le fondement de la compétence extraterritoriale ». Pour rappel, en septembre dernier, le Wall Street Journal révélait que la société française Amesys équipait depuis 2009 un centre de surveillance informatique du régime de Kadhafi. Selon le quotidien, cette filiale de Bull aurait donc mis à la disposition ses services basés sur la technologie « Eagle Core », un système qui permet de traquer des conversations sur messagerie instantanée mais également de détecter certains e-mails privés.

Cette fois, l'information publiée par Les Echos est le signe que certaines associations tentent de connaître les conditions exactes de la signature d'un tel contrat entre la société et l'ancien régime du pays. Côté politique, les réactions ont été moins franches. Le député PS Christian Paul avait déposé début septembre une question au gouvernement portant sur les modalités de cet accord. Sur son compte Twitter, l'élu expliquait « toujours attendre la réponse de François Fillon » sur le sujet.

Oracle déploie un ensemble de correctifs pour Java


L'éditeur Oracle annonce le déploiement de correctifs pour sa plateforme Java et notamment pour combler la faille BEAST.

En début de mois nous rapportions que les développeurs de Mozilla envisageaient de bloquer le plugin Java, ce dernier s'avérant trop dangereux car souvent la cible d'attaques. Il a notamment été découvert qu'une faille au sein du plugin permettait à un hacker malintentionné de répliquer l'attaque BEAST, laquelle consiste à s'immiscer sur une connexion sécurisée par le protocole TLS.

Oracle invite alors les utilisateurs à télécharger un ensemble de 20 correctifs, 19 d'entre eux comblant des failles via lesquelles il est possible de procéder à une prise de contrôle de la machine à distance. Par la même occasion, Oracle répond aux inquiétudes de Mozilla en corrigeant la vulnérabilité du protocole SSL/TLS.

Retrouvez davantage d'informations sur cette page.

Google propose le chiffrement des recherches pour les utilisateurs inscrits

Google vient d'annoncer la mise en place d'un chiffrement SSL par défaut pour les utilisateurs inscrits chez le géant de Moutain View. Les recherches réalisées via son moteur seront ainsi très prochainement sécurisées.

C'est par l'intermédiaire de son blog que Google annonce la nouvelle : après avoir intégré le chiffrement SSL par défaut dans Gmail en janvier 2010 et proposé un service de recherche sécurisée par le biais de l'adresse encrypted.google.com, l'entreprise généralise cette démarche à la recherche par défaut.
La condition sine qua non pour être aiguillé directement sur l'adresse https de Google sera d'être connecté via un compte utilisateur. Dans le cas contraire, les internautes auront toujours accès à l'adresse http, et donc non sécurisée.

Google insiste sur le fait que cette nouveauté offrira plus de sécurité aux utilisateurs de réseaux publics, et en particulier de réseaux WiFi. La firme de Moutain View rejoint ainsi d'autres services qui proposent une connexion chiffrée, comme Facebook ou Twitter.

Rendre la recherche plus sûre
18/10/2011 11:07:00
Nous avons travaillé fort au cours des dernières années pour accroître l'utilisation de nos services par un protocole de cryptage appelé SSL, ainsi que d'encourager l'industrie à adopter des normes de sécurité plus forte. Par exemple, nous avons fait de SSL le réglage par défaut dans Gmail en Janvier 2010 et avons introduit un service de recherches cryptées situé à https://encrypted.google.com quatre mois plus tard. D'autres sociétés Internet de premier plan ont également ajouté le support SSL dans les derniers mois. Comme la recherche devient une expérience plus personnalisée, nous reconnaissons l'importance croissante de la protection des résultats de recherche personnalisés que nous offrons. En conséquence, nous améliorons notre expérience de recherche par défaut pour les utilisateurs signés. Au cours des prochaines semaines, beaucoup d'entre vous se retrouveront redirigés vers https://www.google.com (notez l'extra "s") lorsque vous êtes connectés à votre compte Google...

19 octobre 2011

La Cnil se préoccupe enfin du cloud computing


La Commission prépare une boîte à outils juridico-technique pour se préparer à ausculter aussi l'informatique en nuage.

C’est un fait, le cloud computing génère encore trop d’inquiétudes liées à la sécurité. La mise en ligne de son informatique expose en effet l’entreprise à des risques bien particuliers. L’hébergement des données, notamment, questionne fortement. Malgré tout, ceux qui s’y engagent prennent-ils pour autant toutes les dispositions nécessaires ? Sont-ils conscients des risques encourus ? Un an après l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) et Syntec numérique, la Commission nationale de l'informatique et des libertés s’engage enfin sur le sujet.
Du 17 octobre au 17 novembre, la Cnil va entreprendre une série de consultations des entreprises (clients, prestataires et consultants) pour envisager toutes les solutions, tant d'un point de vue juridique que technique afin que « soit garanti un haut niveau de protection aux données personnelles tout en tenant compte des enjeux économiques liés au cloud computing ». La Commission rappelle également que le cloud représente un enjeu majeur du secteur informatique, avec un marché atteignant près de 6 milliards d’euros en Europe et une croissance annuelle de 20 %.