16 novembre 2011

Sécurité informatique : la vente de services progressera au moins jusqu'en 2015


Le marché des services délivrés autour des produits de sécurité informatique ne connaît pas la crise et ne devrait pas la connaître avant quelques années. Selon le cabinet d'études Gartner, la fourniture de ce type de prestations devrait représenter un chiffre d'affaires mondial de 35,1 Md$ cette année contre 31,1 Md$ un an plus tôt. L'an prochain, les revenus du secteur devraient progresser de 9% et atteindre enfin 49,1 Md$ en 2015. « Le marché des services de sécurité a évolué rapidement ces dernières années avec [...] des clients qui préfèrent souvent souscrire à des prestations. Cela leur permet de baisser leurs coûts d'exploitation pendant qu'ils consacrent leurs ressources à des problématiques de sécurité plus stratégiques », indique Lawrence Pingree, directeur de recherche chez Gartner.

La gestion des ressources IT : premier poste de dépenses en 2015

Parmi les différents services proposés, le développement et l'intégration est celui dont les revenus seront les plus importants, 11,3 Md$ en l'occurrence. Un montant qui devrait atteindre 13,8 Md$ en 2015. Arrivent en seconde position les services de conseil avec 9,6 Md$ en 2011 (12,1 Md$ en 2015). La gestion des ressources IT, le support logiciel ainsi que le support et la maintenance matériel devraient dégager quant à eux 8 Md$, 5 Md$ et 1 Md$ de revenus cette année. A noter que la croissance du segment des services de gestion des ressources IT sera telle dans les années à venir que ses revenus devraient passer à près de 15 Md$ en 2015. A cette date, il s'agira du poste de dépense le plus important consacré par les entreprise aux services de sécurité IT.

Comme l'indique Gartner, c'est en Amérique du Nord que les fournisseurs de services de sécurité IT trouvent les plus importants débouchés. Outre-Atlantique, le chiffre d'affaires du secteur devrait en effet atteindre 14,6 Md$ en 2012 puis 19 Md$ en 2015. Pour l'Europe de l'Ouest, Gartner table sur des revenus de l'ordre de 12 Md$ l'an prochain et de 14,4 Md$ en 2015.
Fabrice Alessi

Baptisez votre réseau WiFi en «_nomap » et Google ne l’enregistrera pas


Suite aux critiques portant sur la nature des données recueillies lors du passage des Google cars, la firme américaine a décidé de proposer aux utilisateurs une nouvelle « option ». En incluant le terme « _nomap » au nom de son réseau WiFi, les voitures de la firme n'enregistreront pas le hotspot de l'utilisateur.

Dans une note postée sur le blog officiel dédié aux questions de vie privée sur Internet, Peter Fleisher explique que Google propose à chacun d'exclure son réseau WiFi de la collecte par les Google cars. Il suffit à un utilisateur d'inclure dans le SSID (Service Set Identifier) le terme « _nomap ». Concrètement, il faut rebaptiser son réseau WiFi en « xxx_nomap » afin que les services de Google ne le prennent pas en compte.

Cette option est donc rajoutée après de nombreuses critiques formulées quant à la nature des données recueillies lors du passage des Google Cars. De son côté, la firme précise qu'elle ne collecte que le nom du réseau (SSID) et l'adresse MAC du routeur ainsi que des données géométriques destinées à améliorer les services géo-localisés. Pourtant, après enquête interne, les ingénieurs avaient remarqué que plus de 600 Go de données confidentielles avaient ainsi été enregistrées...

Cet « opt-out » devrait donc permettre aux utilisateurs qui le désirent d'empêcher les services de Google d'utiliser son propre hotspot WiFi. Peter Fleisher indique avoir : « trouvé une méthode basée sur les noms des réseaux sans-fils fournissant le bon équilibre entre la simplicité et la protection contre tout abus. Spécifiquement, cette approche permet de se protéger les uns les autres contre l'indexation de votre accès sans votre permission ».

15 novembre 2011

Reconnaissance faciale : l'Allemagne s'apprête à poursuivre Facebook

Face à l'impasse des discussions, l'autorité allemande pour la protection des données de Hambourg va entamer des poursuites judiciaires contre Facebook et entend porter le problème au niveau européen, en janvier 2012, avec une proposition de loi pour réformer la directive européenne sur la protection des données.

Contestant la fonctionnalité de reconnaissance faciale utilisée pour le marquage des photos sur le réseau social, l'autorité allemande chargée de la protection des données - Hamburgischen Beauftragten für Datenschutz und Informationsfreiheit (HmbBfDI), basée à Hambourg, a entamé des procédures préliminaires en vue d'intenter une action en justice contre Facebook. L'autorité a décidé de mettre fin aux négociations engagées avec le géant des réseaux sociaux, estimant qu'elles étaient inutiles, « dans la mesure où Facebook refuse d'accorder aux utilisateurs un consentement rétroactif. » En Allemagne, les lois sur la protection des données obligent les entreprises à informer clairement les utilisateurs sur la manière dont leurs informations personnelles sont utilisées. L'autorité de Hambourg fait valoir que cela n'a pas été le pas le cas quand Facebook a commencé à utiliser la technologie de reconnaissance faciale pour marquer les photos et suggérer d'autres amis.

En guise de compromis, Facebook a proposé d'ajouter une case à cocher par laquelle les utilisateurs peuvent accepter les termes, les conditions et la manière dont sont utilisées ces données. Mais l'autorité de Hambourg estime que cette solution ne suffit pas à légitimer la collecte et l'usage des données biométriques. Par ailleurs, cette case ne serait disponible que pour les nouveaux utilisateurs, ce qui signifie que ceux qui ont déjà opté pour le service ne pourront pas donner leur consentement a posteriori. Pour Johannes Caspar, Commissaire de Hambourg chargé de la protection des données et de la liberté de l'information, « ces mois de pourparlers avec Facebook ont débouché sur des résultats décevants. » Quant à Maik Möller, le porte-parole du Hamburgischen Beauftragten für Datenschutz und Informationsfreiheit, il a indiqué que l'autorité avait été mandatée par les autres représentations allemandes pour prendre toute action nécessaire, et une procédure judiciaire va être engagée auprès du Tribunal Administratif de Hamburg. « Facebook s'expose à une amende pouvant aller jusqu'à 300 000 euros et à une ordonnance d'interdiction, » a-t-il précisé.

Facebook n'a pas convaincu

L'entreprise de Mark Zuckerberg n'est pas d'accord avec l'autorité allemande. Elle estime que l'action judiciaire est inutile, parce que sa fonctionnalité est conforme aux lois de l'Union Européenne sur la protection des données. « Nous avons donné une explication claire et une information complète à nos utilisateurs en matière de suggestions d'identification sur les photos et nous fournissons à ceux qui veulent désactiver cette fonction des outils très simples pour le faire. Nous avons suggéré plusieurs options pour rendre les utilisateurs encore plus attentifs à notre politique sur la vie privée et nous sommes déçus que l'Autorité de Hambourg ne les ait pas acceptés, » a indiqué l'entreprise dans un communiqué.

Reste cependant une question liée à la compétence du tribunal, puisque le siège européen de Facebook est basé en Irlande. Selon le Professeur Joseph Cannataci, expert-consultant pour le Conseil de l'Europe sur les questions de protection des données dans l'espace européen et coordinateur du projet de recherche « Consent » sur le consentement, financé par l'UE, bien que la Constitution allemande protège le droit de la personne et le concept d'autodétermination informationnelle selon lequel « c'est le pouvoir de l'individu de décider lui-même, sur la base du concept d'autodétermination, quand et dans quelle mesure toute information relevant de sa vie privée peut être communiquée à autrui », les lois fondamentales d'autres pays de l'UE pourraient ne pas aller dans le même sens. Le projet « Consent » se concentre sur les questions de sécurité de la vie privée en relation aux réseaux sociaux en ligne et au contenu généré par l'utilisateur.

Une directive européenne sur la protection des données à revoir

Or « la directive européenne de protection des données de 1995 ne prévoit pas explicitement le droit à l'autodétermination informationnelle, comme la Constitution allemande, » indique le Professeur Cannataci. Par ailleurs, la directive n'est pas transposée dans les législations des États membres de la même manière. Si bien que les différentes autorités européennes de protection des données ne peuvent pas prendre des mesures identiques à celle de l'Autorité allemande contre Facebook. « La Commission européenne ferait bien de lancer et mettre en oeuvre une réforme globale du régime de la protection des données», a déclaré Joseph Cannataci, se référant à l'annonce faite lundi par Viviane Reding, Vice-présidente de la Commission européenne, en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, et par Ilse Aigner, le Ministre fédéral allemand chargé de la protection des consommateurs. Leur proposition de loi pour réformer la directive européenne sur la protection des données sera déposée d'ici la fin janvier 2012.

Aux États-Unis, Facebook doit également faire face à des procédures judiciaires liées à des questions de protection de la vie privée. La Federal Trade Commission (FTC) pourrait accuser le réseau social de pratiques commerciales trompeuses. La FTC a enquêté sur Facebook suite à la publication, en décembre 2009, de détails concernant certains utilisateurs après des changements dans les paramétrages de confidentialité du réseau social. Pour mettre fin à cette procédure, Facebook serait sur le point d'accepter de revoir sa politique de gestion des données personnelles, et de se soumettre à un audit sur la vie privée chaque année.

Qui se cache derrière le projet Voxel ?

Des hackers ont déclaré la guerre aux Anonymous au nom des entreprises françaises et des infrastructures critiques.

Guerre des hackers acte II. En juin dernier, les Web Ninja dénigraient les actions des membres de LulzSec et leurs méthodes en révélant leurs identités au FBI. Aujourd’hui ce sont celles des Anonymous qui sont menacées par un groupe inconnu caché derrière un « projet Voxel ».
Dans la nuit de dimanche à lundi, il a utilisé la plateforme youtube pour diffuser son message : « … Il est de notre devoir de protéger les citoyens, mais aussi les entreprises ainsi que l’Etat français. Nous menons une guerre sans merci contre cette ligue [Anonymous] et nous révélerons leurs réelles identités aux services de renseignements français. »

Des antécédents outre-Atlantique significatifs

Non,  ce discours n’a pas été prononcé par un responsable officiel de la sécurité nationale, mais par le membre d’un groupe appartenant au projet Voxel. « D’une part, ces actions sont faites sous anonymat et, de l'autre, elles sont localisées en France. C’est la première fois. Les chances qu’il s’agisse d’un service de renseignements ou d'une officine travaillant pour l'Etat ne sont pas négligeables », analyse Fabrice Epelboin, consultant en risque informationnel, enseignant à Sciences-Po Paris et au Celsa.
Il y a eu des précédents. En mai dernier, HBGary menaçait  de la même façon les Anonymous. Il s'est trouvé que cette entreprise de sécurité informatique était à la solde du gouvernement américain. Si quelques têtes étaient tombées côté hackers, le retour de bâton fut sévère pour le prestataire, qui a vu l’ensemble de son système d’information désossé et rendu public sur la Toile.

Anonymous est un corps sans tête

Dans le cas du projet Voxel, on peut s’attendre à ce que quelques identités soient révélées, mais le risque de porter atteinte au mouvement est faible. Il ne faut pas oublier qu’Anonymous est pensé de sorte à ne pas pouvoir être contrôlé, détourné, récupéré ou corrompu. Et pour cause, il n’y a pas d’organisation et encore moins de leader. « Anonymous est au XXIe siècle ce que le syndicalisme a pu être au XIXe, à savoir un contre-pouvoir naissant face aux intérêts privés, dont la mainmise sur le processus démocratique est de plus en plus visible », conclut Fabrice Epelboin. A suivre…
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La Gendarmerie Nationale s'équipe pour inspecter les terminaux mobiles

La Gendarmerie Nationale s'est équipée d'UFED de Cellebrite pour enquêter sur les terminaux mobiles.

La Gendarmerie Nationale possède des missions de police judiciaire sur la plus grande partie du territoire national. Dans ce cadre, elle se retrouve de plus en plus confrontée à des terminaux mobiles : téléphones, smartphones, terminaux GPS...

Pour aider les gendarmes dans les enquêtes criminelles, la Gendarmerie Nationale a décidé de s'équiper d'une solution permettant d'extraire des données logiques et physiques de la majorité des terminaux mobiles : contacts, historique des appels, vidéos, textes, photos... y compris les données effacées.

Le choix de l'UFED de Cellebrite

Après un an de tests, la maréchaussée a décidé de s'équiper d'UFED (Universal Forensic Extraction Device) du japonais Cellebrite. Les détails du contrat n'ont pas été révélés. Plusieurs centaines d'appareils seront livrés.

Selon le constructeur, l'appareil est capable d'extraire les données de plus de 4000 modèles de terminaux mobiles sous iOS, Android, Blackberry, Symbian ou PalmOS. Il est également capable de récupérer des données effacées par l'utilisateur. L'extraction serait conforme aux exigences judiciaires en matière de preuve et pourrait être réalisée sur le lieu même d'un crime.

14 novembre 2011

Protection sociale 2.0


Le dossier. Qu'est-ce que la protection sociale ? Des normes, des prestations, des équipements, des guichets, des centaines de milliards d'euros. C'est aussi de la donnée et des systèmes pour la gérer. Les outils informatiques et numériques sont liés à une « révolution industrielle » du traitement de l'information dans la branche maladie (CPAM). Ils sont utilisés pour faciliter le service aux allocataires dans la branche famille (CAF) ou pour optimiser la lutte contre la fraude en matière de recouvrement (URSSAF). Le dossier contient aussi une présentation de l'intérieur du Répertoire national commun de la protection sociale (RNCPS), le fameux fichier unique annoncé à grands fracas cet été et, en réalité, en cours d'élaboration depuis des années. Hors dossier, le lecteur lira les contributions de haute tenue de François Ewald sur la définition du risque social ou du directeur de la Sécurité sociale sur les grands équilibres du système. Il trouvera aussi une analyse interne des défis et difficultés du régime social des indépendants (RSI), qui défraie la chronique et, à certains égards, défie l'entendement.
La publication. Editée depuis 1987 par l'Ecole nationale supérieure de sécurité sociale (En3s), « Regards » est une publication biannuelle thématique qui ouvre ses colonnes autant aux experts qu'aux opérateurs. Depuis ce numéro 40, traitant de modernité technologique, elle est en ligne sur le site de l'école (www.en3s.fr).
L'extrait. « Il a été nécessaire de faire évoluer le métier pour passer d'une logique de production (traiter des dossiers) à une logique de service (s'attacher à la qualité de la relation) » (Alain Folliet, directeur des systèmes d'information, CNAF).
JULIEN DAMON

La prochaine génération de SIEM devrait renforcer la visibilité sur le réseau

Les entreprises utilisent principalement les systèmes de gestion informations et des événements de sécurité (SIEM) pour établir des rapports de conformité PCI DSS ou dans le cadre d’enquêtes après incident. Mais les fournisseurs d'infrastructure essaient de développer une nouvelle génération de plates-formes SIEM puissantes, permettant aux équipes informatiques d'appliquer des analyses aux données des systèmes.
La croissance des réseaux a progressivement augmenté la surface d'attaque du SI des entreprises pour les cybercriminels et, à son tour, déclenché une évolution des technologies de détection et de corrélation des menaces. Si les premiers SIEM déployés étaient conçus pour collecter des logs de quelques appareils, ils ont évolué pour supporter un vaste éventail d’équipements réseau, relève John Kindervag, analyste principal chez Forrester. Mais si les équipementiers misent aujourd’hui sur des plates-formes SIEM robustes, la question pour Kindervag est encore de savoir si les entreprises ont ou non l'argent et l'expertise nécessaires pour effectuer les corrélations avancées entre incidents de sécurité, nécessaires à la compréhension des menaces.

Selon une enquête de Forrester impliquant des décideurs IT de 157 organisations, les SIEM sont principalement utilisés - 80 % - pour l’établissement de rapports de de conformité. Moins de 40 % des répondants ont déclaré que leurs organisations utilisent leurs capacités de corrélation des événements.

"Le SIEM est un outil de reporting dont le succès est tiré par le standard PCI et il n'existerait probablement pas si PCI n'était pas sorti», estime Kindervag. «Les gens sont séduits par la corrélation des événements, mais ce n'est pas ainsi que cela fonctionne dans les déploiements du monde réel."

L'enquête, menée pour LogLogic, a montré que les rapports générés par les SIEM sont actuellement utilisés par les auditeurs de systèmes d’informateur, les DSI et autres cadres supérieurs. Mais le rapport conclut que les SIEM vont servir de fondations à des systèmes complets d’analyse des données du système d’information.

Brendan Hannigan, Pdg de Q1 Labs, fait le pari que ses clients voudront retirer plus de bénéfices de leurs déploiements SIEM. Hannigan, dont l’entreprise a été acquise par IBM récemment, va être à l’origine d’une nouvelle division qui regroupe l'ensemble des offres de sécurité d'IBM. Avec la plate-forme SIEM de Q1 comme fondation, IBM prévoit de coordonner sécurité des bases de données,  gestion de terminaux, sécurité réseau et sécurité applicative, et de renforcer l’ensemble avec des capacités analytiques pour retirer de ces systèmes des données plus exploitables à titre opérationnel.

"On constate un changement fondamental dans le monde de la sécurité, où l'accent se déplace de produits individuels, isolés, conçus pour résoudre une tâche particulière vers quelque chose de plus étendu», explique Hannigan.

Les pare-feu, les appliances de prévention d’intrusion (IPS) et les serveurs de bases de données et d'applications génèrent des volumes de données considérables qui peuvent aider les organisations à mieux comprendre les menaces concernant leur réseau et, finalement, fournir aux RSSI la capacité de prendre des décisions de sécurité plus avisées. C'est le besoin d'un moteur d'analytique puissant, permettant de retirer de la valeur de toutes ces données, qui pousse les fournisseurs d'infrastructure tels qu’IBM et HP à acquérir des systèmes SIEM, selon les analystes.

La question de la montée en puissance

HP est si optimiste sur la technologie qu’il a déboursé 1,5 Md$ pour racheter ArcSight en 2010. RSA, la division sécurité d'EMC, est, quant à elle, en train de fusionner ses systèmes de SIEM EnVision avec sa plateforme NetWitness de surveillance réseau, combinant ainsi contexte réseau et analyse des données SIEM.

Les analystes conviennent que de nombreux éditeurs SIEM historiques risquent de pas être capables de gérer la puissance de traitement nécessaire pour appliquer des analyses sur de multiples sources de données. L'évolutivité est en passe de devenir l'une des caractéristiques les plus importantes des systèmes SIEM, selon Mark Nicolett, vice-président et analyste chez Gartner. Pour lui, les plateformes SIEM capables de supporter des sources d'événements hétérogènes à grande échelle ont une plus grande probabilité de réussir à maintenir une présence forte sur le marché.

Gartner estime que les systèmes SIEM doivent être capables de collecter efficacement les logs et disposer de capacités de surveillance en temps réel. "Un fournisseur qui ne propose pas les deux finira par être marginalisé sur le marché", estime Nicolett.

Les systèmes SIEM sont bons pour la collecte des données, mais ils ont besoin d'outils qui aident les analystes à manipuler les données pour découvrir les différents aspects d'un incident ou trouver des anomalies suspectes, relève Amit Yoran, vice-président senior et directeur général de la gestion de la sécurité et la conformité d'entreprise de RSA. «Avec des attaques complexes et des menaces avancées, l’évaluation du risque ne peut pas être limitée au trafic réseau visible à un moment donné", indique-t-il. "Une action peut ne pas déclencher d'alarme quand elle est prise de manière isolée. Mais replacée dans son contexte, elle devient beaucoup plus intéressante."

L’ancien PDG de NetWitness supervise l'intégration de la technologie dans le le SIEM enVision de RSA. Selon lui, EnVision a vraiment brillé en raison de sa capacité à consolider effectivement d’importants volumes de données et à comprendre différents formats et protocoles de log. Mais cela ne l’empêche pas d’avoir une approche pratique de l'utilité des systèmes SIEM au sein d’une organisation : «je ne croit pas en la possibilité de construire un référentiel unique qui recueille toutes les données critiques pertinentes à l'analyse de la sécurité [...] Cette approche "one size fits all" où l'on bâtit un gros système, ne me semble pas être un moyen pratique de fonctionner pour les grandes entreprises."

La conformité comme point de départ

Les entreprises peuvent commencer avec leurs impératifs de conformité à l'esprit. Mais s’il faut faire le choix entre l'achat d'un système SIEM seulement fort dans la gestion de journaux ou un système conçu pour la gestion des journaux et la surveillance en temps réel, la plupart des organisations seront sensibles à la valeur ajoutée de la surveillance - sauf s'il y a un surcoût énorme. Nicollet estime qu’il faut suivre de près HP ArcSight. HP a, en effet, laissé intactes les équipes de développement ArcSight, ce qui selon lui, permet au fournisseur de livrer rapidement de nouvelles fonctionnalités. Sous la direction d'HP, ArcSight a été bien meilleur pour accompagner les grands déploiements, constate-t-il.

Tom Reilly, vice-président de HP Enterprise Security et ancien PDG de ArcSight, estime que le SIEM devrait être la plate-forme d'intégration sur laquelle repose la stratégie de sécurité d'une entreprise. Comme RSA et IBM, HP développe aussi des outils conçus pour fournir à l'entreprise un meilleur regard sur les menaces réseau, en renforçant les capacités analytiques de la plate-forme SIEM d’ArcSight. C'est une question de connaissance du réseau, estime-t-il. "Si vous partez du principe selon lequel chaque entreprise doit gagner en visibilité sur la sécurité de son système d’information, toutes ont besoin d'investir dans un SIEM", estime Reilly. "J'entends ces critiques autour de la complexité et du coût. Mais j’entends encore plus parler d’implémentations réussies."

HP s'efforce de fournir de façon clés-en-main l'IPS et la collecte des logs, explique Reilly. L'objectif est de cibler les entreprises avec un personnel informatique et une expertise réduits en fournissant des interfaces prédéfinies pour l'intégration.

C’est cette même quête de l’intégration clés-en-main qui a poussé McAfee à racheter NitroSecurity, ce mois-ci, et de commencer à fusionner la famille de produits NitroView dans la suite ePolicy Orchestrator. McAfee entretenait déjà une relation étroite avec NitroSecurity. L’occasion pour l’éditeur de découvrir ses bases de données propriétaires, qui fournissent les capacités de corrélation et de profilage, et d’y voir un différenciateur fort par rapport aux autres fournisseurs de solution SIEM, explique Martin Ward, directeur senior des risques et de la conformité de McAfee. «Avec NitroSecurity, c’est très rapide», explique Ward. "La production de rapports avec des SIEM concurrents peut prendre des heures et des heures. Avec Nitro, c’est l’affaire de quelques minutes."

Le SIEM à l’heure de l’analytique

L'avenir du SIEM semble être à des technologies couplant le data warehouse avec de puissants outils analytiques à même d'aider les équipes informatiques à traiter des quantités massives de données, estime Kindervag, de Forrester : "il s'agit vraiment de prendre de meilleures décisions à partir de faits, non pas de conjecture. Si les départements informatiques peuvent obtenir des données sur un incident dans leurs systèmes et les mettre à profit, nous pourrions voir plus de décisions cohérentes avec les besoins métiers pour traiter les menaces en fonction du risque qu’elles représentent."

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